Enjeux de le clôture comptable : constats et axes d’amélioration
La dernière l’étude Sixthfin/Odoxa1, réalisée du 11 au 23 mars auprès de 303 décideurs financiers impliqués dans la clôture comptable d’entreprises françaises de 250 salariés et plus met en lumière les points d’achoppement ainsi que les leviers encore insuffisamment activés pour passer à une clôture véritablement maîtrisée.
Au-delà des objectifs de conformité et de respect des délais de production de l’information financière, la clôture des comptes représente des enjeux de fiabilité des informations produites, de traçabilité des contrôles, de robustesse du contrôle interne, avec une contrainte d’analyse rapide. Pour les directions comptables et financières, l’objectif est de faire durablement mieux, dans des organisations soumises à des contraintes opérationnelles croissantes.
Des clôtures rapides, concentrées et sous tension
Les délais de clôture sont fortement normés et globalement maîtrisés, la clôture s’effectue le plus souvent en moins de 8 jours. Pour autant, cette performance repose encore sur des équilibres fragiles : une mobilisation intense des équipes, des dépendances humaines fortes, des dispositifs de production et de contrôle largement hétérogènes.
Premier constat : la clôture comptable est un effort intense sur un temps court. 74 % des entreprises finalisent leur clôture en 3 à 8 jours, quelle que soit leur taille. Cette compression des délais traduit un fort engagement des équipes mais laisse peu de marge à l’imprévu, à l’analyse approfondie ou à la sécurisation en amont.
Les principales difficultés identifiées sont avant tout organisationnelles et humaines. La collecte tardive de l’information demeure le facteur qui complique le plus la clôture pour près de la moitié des décideurs interrogés (48 %). Viennent ensuite la dépendance à certaines personnes clés (32 %), la multiplicité des fichiers (31 %), le manque de temps dédié aux contrôles (29 %) et l’importance des retraitements manuels (28 %).
Ces résultats mettent en évidence une réalité largement partagée : la clôture tient encore trop souvent grâce à des pratiques compensatoires et à l’expertise individuelle, plus qu’à des processus véritablement sécurisés et industrialisés.
Excel au cœur du processus : un pivot devenu facteur de fragilité
L’analyse et la justification des comptes restent, dans une majorité d’entreprises, des activités encore largement « artisanales ». Excel est utilisé par 63 % des décideurs financiers pour ces travaux, souvent en complément de l’ERP, et 45 % ont également recours à des outils collaboratifs (tels que SharePoint ou Teams).
Seules 26 % des entreprises parviennent aujourd’hui à réaliser l’analyse et la justification des comptes sans Excel ni outils bureautiques. Cette situation pose des enjeux bien connus des directions comptables : hétérogénéité des pratiques, difficulté de traçabilité, risques d’erreur, dépendance au savoir tacite, et complexité croissante des contrôles internes.
Remarque : l’inadaptation des outils n’est perçue comme difficulté majeure que par 17 % des répondants. En effet, bien qu’ils ne soient pas forcément bien adaptés, les équipes ont appris à composer avec des dispositifs imparfaits, au prix d’une charge mentale et opérationnelle croissante.
Un impact humain devenu critique
Les conséquences de cette organisation sous tension sont sans appel. La clôture comptable a un impact fort sur la charge de travail des équipes pour 96 % des décideurs interrogés et sur leur motivation pour 92 %.
Les sources de stress sont multiples et cumulatives : pression des délais (89 %), manque de temps pour l’analyse (86 %), projets transverses conduits en parallèle (85 %), manque de qualité des outils disponibles (80 %), fiabilité insuffisante des données (80 %). La clôture devient ainsi un moment de concentration des risques opérationnels et humains.
À terme, cette situation pose un véritable enjeu de soutenabilité des organisations comptables, dans un contexte déjà marqué par les tensions sur les compétences et l’attractivité des fonctions financières.
Fiabilité des comptes : un objectif encore loin d’être atteint
Si les délais sont maîtrisés, la confiance dans les chiffres l’est beaucoup moins. Seuls 50 % des directions financières se disent aujourd’hui très confiants dans la fiabilité des comptes une fois la clôture achevée. Pourtant, près de 70 % font de la fiabilité leur priorité d’amélioration, loin devant les délais ou l’optimisation des processus.
Ce décalage est révélateur : la clôture comptable, telle qu’elle est menée aujourd’hui, ne permet pas toujours de produire une information financière pleinement sécurisée et analysable dans les temps impartis. Logiquement, seul un tiers des dirigeants juge la gestion de la clôture dans son entreprise très satisfaisante.
Vers une trajectoire de clôture réellement maîtrisée
Les priorités d’amélioration exprimées couvrent l’ensemble de la chaîne : calcul des écritures de clôture (46 %), contrôle des écritures manuelles (43 %), analyse et justification des comptes (43 %), revue analytique (40 %). Cette dispersion montre qu’aucun maillon n’est aujourd’hui considéré comme totalement maîtrisé.
Dans ce contexte, l’intelligence artificielle apparaît comme un levier crédible : plus de 7 décideurs sur 10 déclarent lui faire confiance pour automatiser certaines tâches, détecter les anomalies et contribuer à la fiabilisation des données. Pour autant, seuls un tiers se disent totalement confiants, confirmant la nécessité d’un cadre méthodologique clair et d’une intégration progressive.
Cette transformation suppose également une évolution du rôle des équipes comptables, appelées à renforcer leurs compétences analytiques et leur capacité à exploiter une information financière plus fiable, plus tôt.
Pour conclure
En conclusion, rien n’est figé : les fragilités observées dans les processus de clôture ne sont pas une fatalité, mais autant d’opportunités d’amélioration. Des leviers concrets existent, meilleure structuration des travaux, standardisation des contrôles, réduction des retraitements manuels ou encore intégration progressive de l’IA, pour sécuriser et fluidifier la production comptable.
Dans cette dynamique, des solutions comme Closing de Sixthfin illustrent cette évolution en apportant traçabilité, collaboration et pilotage unifié des travaux. Elles permettent ainsi aux directions financières de transformer durablement leur clôture en un processus plus fiable, maîtrisé et soutenable.
| Aller au-delà du constat : étude complète et webinaire de décryptage Pour passer des chiffres aux solutions, Sixthfin et Odoxa ont organisé un webinaire dédié afin de décrypter les enseignements clés de l’étude et, surtout, explorer des leviers concrets pour agir. Ce fut l’occasion de lister des pistes concrètes et opérationnelles pour une clôture plus robuste, plus fiable et plus soutenable pour vos équipes. Visionner le webinaire. Sixthfin est une Fintech française spécialisée dans les solutions de détection des risques et d’optimisation des processus pour les directions financières, contrôle et audit. Odoxa est un institut d’études indépendant fondé et dirigé par deux professionnels du monde des études et des médias. |



